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  Les correspondances à 100 %, le profit qui prime sur la qualité

  Par : Sofiane Madani

Les outils de la TAO sont très utiles et indispensables pour le traducteur d’aujourd’hui. L’industrie de la traduction emploie ces outils de manière systématique afin de rentabiliser l’activité et d’assurer la cohérence stylistique et terminologique dans les projets pris en charge. Les traducteurs qui travaillent pour les grandes agences de traduction, qu’ils soient internes ou externes, doivent utiliser ces outils pour pouvoir participer à ces projets. La gestion de gros projets chez les grandes agences exigent la collaboration de divers professionnels pour garantir le déroulement efficace des opérations, qu’il s’agisse de la traduction d’un simple document en format Word ou d’une complexe localisation comportant des fichiers dans divers formats, de bases de données, d’applications ou de manuels avec des graphiques très complexes.

Le but de l’utilisation de ces systèmes et de ces professionnels, chacun dans sa spécialité, est d’assurer des services rapides, une gestion technique de haut niveau et une qualité de traduction irréprochable. Ces grandes agences gèrent simultanément des projets de traduction, les carrières de leurs employés et les factures des professionnels externes, et cela implique des calculs comptables et une gestion rigoureuse des finances avec un objectif principal : faire des profits dans chaque projet, et c’est tout à fait normal.

Chaque projet démarre avec une analyse des documents à traduire par rapport à des mémoires de traduction spécifiques au client concerné par le projet, un compte de mots précis est obtenu et les délais ainsi que la méthode et les étapes du travail sont définis. Les traducteurs sont sollicités par les gestionnaires de projets et les projets sont distribués selon les spécialités des traducteurs. Les traducteurs reçoivent des fichiers bilingues comportant des segments prétraduits dont les 100 % ne sont pas en général comptés dans le compte de mots facturés, car on suppose que les correspondances exactes doivent être réutilisées afin d’assurer une cohérence avec les projets précédents de ce client et que ça ne servira à rien de les revoir.

Les gestionnaires de projets subissent des pressions énormes et doivent jongler avec la gestion de nombreux projets en même temps et n’ont souvent pas le temps de mener certains projets à leurs bouts tout en s’assurant que tous les contrôles de qualité sont effectué de manière adéquate. Souvent à cause des délais très serrés, des projets sont assignés à des traducteurs non spécialisés et cela conduit à des traductions de moindre qualité. Du coup et après la mise à jour des mémoires de traduction avec ces mauvaises traductions, les références du traducteur deviennent une poubelle pleine de traductions erronées qui l’induisent en erreur dans les projets futurs. Sans maintenance ou correction des mémoires de traduction, les projets futurs sont compromis. Les traducteurs recevront des segments prétraduits et des instructions de ne pas les modifier et d’utiliser ces références fautives. Ces traducteurs seront malheureusement responsables et auteurs de mauvaises traductions malgré eux. Cette situation se produit souvent chez certaines agences, car le profit prime sur la qualité.

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