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  Outils d’aide à la traduction : entre efficacité et problèmes de compatibilité

  Par : Sofiane Madani

Les outils d’aide à la traduction fournissent une aide incontestable et le traducteur d’aujourd’hui ne peut certainement pas s’en passer. L’efficacité de ces outils n’est plus à prouver, ils assurent un meilleur rendement du traducteur, une plus grande rapidité d’exécution, une cohérence stylistique et terminologique et des textes de meilleure qualité. Les mémoires de traduction sont sans aucun doute l’outil le plus utilisé par les traducteurs, car cet outil offre plusieurs options qui permettent un précieux gain de temps, plus d’efficacité et un meilleur rendement. Cet outil permet en principe le traitement de plusieurs types de fichiers assurant ainsi au traducteur le traitement graphique du fichier, l’agencement et la mise en forme du texte à la fin de la traduction de sorte que le traducteur ne se concentre que sur la traduction du texte. Cette technologie a ouvert le champ de la créativité et de nombreuses entreprises de créations technologiques dans les domaines des traitements de contenus et des langues proposent divers outils aux traducteurs à des prix concurrentiels. Étant des outils basés essentiellement sur la technologie XML, un effort a été fourni pour créer des formats d’échange (TMX) afin que tous les outils puissent partager les mémoires de traduction par ces fichiers d’échange.

En général, tous ces outils assurent cette conversion de base entre leurs formats natifs et le format d’échange (TMX). Cependant, la réalité professionnelle du traducteur pigiste exige l’acquisition de plusieurs outils afin de pouvoir répondre aux sollicitations des agences et des bureaux de traduction. Parfois, les agences de traduction exigent un outil en particulier qui connaît sans cesse des mises à niveau, et le traducteur peut posséder un outil d’une version antérieure. En général, les fabricants créent des modules qui assurent le passage de la dernière version à la version (SDL Trados Studio 2009, 2011 et 2014 représentent un exemple de cette situation) antérieure afin de permettre au traducteur de recevoir des fichiers que la version de son outil pourra prendre en charge. En théorie, l’opération est possible, mais elle n’est jamais garantie à 100 %. En outre, La version Studio de SDL Trados dispose de modules qui assurent la conversion à des fichiers Doc ou TTX lorsque nous voulons travailler sur des fichiers avec l’ancienne version de Trados, mais cela peut créer par la suite des problèmes de segmentation tout particulièrement à l’étape du nettoyage.

De plus, plusieurs fabricants annoncent l’interopérabilité de leurs outils qui veut dire pouvoir utiliser ces outils (par exemple Wordfast ou Déjà Vu) pour prendre en charge un projet fourni sous un format d’un autre outil (par exemple SDL Trados Studio). L’opération se résume en l’importation de ce projet dans l’environnement de Wordfast ou de Déjà Vu, la traduction et l’exportation au format original, c’est-à-dire le format SDLXLIFF. Cette opération n’est pas tout le temps possible, et lorsqu’elle est faisable, le résultat n’est pas tout le temps ce que nous croyons avoir (segments verrouillés ou ignorés, correspondances issues de la prétraduction ignorées, etc).

Par ailleurs, le traducteur croît aussi que son logiciel traite tous les types de fichiers et à ce que la conversion se fasse de façon automatique et qu’il n’a qu’à traduire le contenu et remettre le fichier dans sa forme originale. Ce processus est connu par le terme « localisation », ainsi nous sommes supposés pouvoir traduire des fichiers HTML, InDesign, Quark, etc.

Dans la réalité des choses, cela devient de plus en plus compliqué avec l’évolution des outils de design graphique et implique par conséquent plus d’investissement et davantage de connaissances techniques. Par exemple, pour traduire un dépliant fourni dans un fichier InDesign, il faut disposer de son format d’échange (INX) qui est pris en charge par la plupart des outils de traduction, or ce format d’échange est disponible uniquement dans la version CS3 et si votre version de InDesign est CS5, par exemple, vous devez d’abord l’ouvrir dans la version CS4 puis l’exportez au format IDML et ouvrir ce format IDML dans la version CS3 avant de l’exporter vers le format d’échange (INX).

Ceux qui veulent éviter ces acrobaties, doivent investir beaucoup d’argent en achetant Copy Flow Gold, un outil qui permet d’exporter le texte à traduire et de l’importer vers InDesign à la fin de la traduction, et la version qui fait cette opération pour InDesign est différente de celle qui fonctionne avec Quark, ce qui veut dire qu’il faut acquérir différents Plug-in pour pouvoir traduire plusieurs types de formats graphiques.

Pour conclure, il est évident qu’il est très difficile pour le traducteur pigiste d’assurer des services de traduction dans différents formats de fichiers tout en restant productif et rentable. Sans les moyens humains et matériels des agences de traduction, traduire sans être confronté aux problèmes de compatibilité n’est pas une chose aisée.

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